lundi 20 juillet 2009

Agoraphobie et dépression


Agoraphobie dépression psychiatre
J'aimerais savoir si c'est l'agoraphobie qui entraîne la dépression ou l'inverse.
Je suis agoraphobe et je n'ai plus goût à rien car je me sens comme en prison.
Ai-je des chances d'aller mieux. Si oui, comment ?
Merci pour votre réponse. 
  

L’agoraphobie, c’est la peur de se retrouver dans un lieu où il serait difficile de partir ou d’obtenir de l’aide.
Les situations redoutées par l’agoraphobe sont donc très variées : parking désert, foule, grands magasins, tranports en commun… 

L’agoraphobie est très souvent liée aux attaques de panique (crise d’angoisse très importante où le sujet pense qu’il va mourir ou devenir fou…) : le patient a fait l’expérience d’une de ces crises de panique dans un grand magasin par exemple et va par la suite éviter toutes les situations où il redoute de refaire une nouvelle crise d’angoisse.
 
L’agoraphobie est un des troubles psychiatriques les plus handicapants lorsqu’il est sévère. Au stade les plus avancés de la maladie le simple fait de sortir de chez soi est source d’angoisse. Dans bien des cas, le patient agoraphobe demande à son entourage de l’accompagner dans les situations qu’il redoute : il pense que s’il lui arrive une de ces crises d’angoisse, l’accompagnateur pourra l’aider à se sortir du lieu en question.
 
Donc on comprend assez facilement qu’une agoraphobie grave soit source de dépression. Quand on ne peut plus sortir seul de chez soi, que l’on ne peut plus travailler, voir ses amis pendant plusieurs mois, il y a une forte probabilité de finir par faire un épisode dépressif.
Cependant, certains épisodes dépressifs peuvent aussi être source de comportements agoraphobes qui disparaissent lorsque la dépression guérit.
Par conséquent, l’agoraphobie peut entraîner la dépression mais l’inverse est parfois aussi vrai. La seule façon de faire la part des choses est de savoir quel trouble est apparu en premier.
 
Heureusement, il existe actuellement des traitements efficaces contre l’agoraphobie.
 
Certains traitements médicamenteux sont particulièrement efficaces.
Les nouveaux antidépresseurs inhibiteurs de la recapture de la sérotonine comme le Deroxat (paroxetine) ou le Séropram (citalopram) permettent de bien contrôler les crises d’angoisse et l’anxiété provoquée par les situations redoutées. On doit souvent utiliser 2 à 3 comprimés par jour. Ces traitements mettent souvent 3 à 4 semaines avant d’être efficaces même si les premiers effets peuvent être plus précoces. Ces médicaments sont dans la plupart des cas bien tolérés avec peu d’effets secondaires.
Ces traitements peuvent faire disparaître totalement les troubles et permettre à la personne de reprendre une vie normale. Ces antidépresseurs devront être maintenus sur de longues périodes (au moins 1 an…) au risque de voir réapparaître le trouble.
 
Les traitements anxiolytiques type benzodiazépine (Xanax (alprazolam), Valium (diazepam)…) sont efficaces ponctuellement sur l’angoisse et peuvent être utiles au début du traitement par l’antidépresseur mais ils ne doivent pas être maintenus pendant de longues périodes (jamais plus de 12 semaines) car ils perdent de leur efficacité et provoquent des dépendances et le besoin d’augmenter les doses.
 
Enfin, les thérapies comportementales et cognitives (TCC) sont des psychothérapies efficaces sur l’agoraphobie et sont une très bonne alternative aux médicaments. Elles consistent en des séances une fois par semaine pendant 3 mois à un an où l’agoraphobe apprend à affronter les situations qu’il redoute de façon très progressive jusqu’à ce que sa phobie disparaisse complètement.
 
Dans les cas les plus graves, les TCC et les antidépresseurs sont souvent associés.

3 commentaires:

  1. Salut cher collègue et avant tout ami. Bravo pour ce site, j'espère qu'il connaîtra un grand succès et aidera le grand public à s'y retrouver et à répondre aux questions qu'il n'ose poser en consultation !
    Je ne manquerai pas de commenter tes articles. Et peut être même deviendra t'il une source d'infos pour mes patients ?

    Tiens, pour commencer je te conseillerais de donner les informations sur les molécules en DCI (dénomination commune internationale) - je te laisse le soin de déterminer pour quelles raisons.
    Tu devrais également mettre dans les informations de ce blog que l'auteur (toi) déclare n'avoir aucun conflit d'intérêt avec une quelconque firme pharmaco...
    Et également, citer tes sources en fin d'article serait extrêmement bien vu.
    Je te conseille de t'inspirer de ce blog très reconnu : http://martinwinckler.com/

    Tu as vu moi aussi j'ai choici un pseudonyme coloré.
    à bientôt :-)

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  2. Bonjour, j'ai 48 ans je souffre moi aussi de cette crise, toutefois j'essaye de sortir de sortir de chez moi à pied et même en voiture mais à l'idée de prendre l'autoroute je panique ;le docteur m'a prescrit du sulpiride de du xanax du seroplex du zolpidem ;mon problème je me suis mise à grossir et le surpoid met défondu que faire et j'ai des palpitation térrible suite à cel donc j'ai tout arreter et j'ai pas résolu mon problème ;que faire?

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  3. Bonjour, je me retrouve parfaitement dans la description qui est faite de l'agoraphobe et ses crises de panique. J'ai 47 ans ; je souffre de ce handicap depuis 13 ans alors que j'étais une passionnée de voyages ! j'ai essayé toutes les possibilités listées dans votre article et malgré tout je fais toujours d'énormes crises. Que faire ???? Merci

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