samedi 28 janvier 2012

Hérédité et trouble psychiatrique

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On m’a diagnostiqué un trouble bipolaire il y a plus de 10 ans. Je suis actuellement sous lithium (Teralithe). Ce traitement me convient bien et ça fait maintenant plusieurs années que je n’ai pas eu de « crises ».
Je suis maman d’un garçon de 6 ans. J’ai entendu dire plusieurs fois que le trouble bipolaire était une maladie génétique. Je m’inquiète qu’il puisse lui aussi souffrir de cette maladie plus tard. Quel est ce risque ?
 
Le trouble bipolaire, ou maladie maniaco-dépressive, est une pathologie dont les origines sont à ce jour imparfaitement connues. Comme pour les autres troubles psychiatriques, son développement est dépendant de plusieurs facteurs, génétiques et environnementaux.
 
Depuis 20 ans, les recherches se multiplient pour essayer de trouver les gènes du trouble bipolaire. Les travaux publiés à ce jour nous apprennent qu’il s’agit d’une maladie à transmission complexe impliquant un tas de gènes différents. Il n’existerait donc pas un gène unique de la bipolarité. De plus, cette transmission génétique ne donnerait pas le trouble mais plutôt une vulnérabilité à la maladie qui se développera parfois par la suite en fonction de l’environnement dans lequel va grandir l’enfant et l’adolescent. Enfin, en raison du nombre de gènes, la vulnérabilité au trouble ne se transmet pas de façon automatique entre parents et enfants mais d’une façon aléatoire et dans une proportion faible, difficile à chiffrer en l’état actuel des connaissances.
 
L’environnement joue un grand rôle dans l’apparition du trouble bipolaire. D’une manière générale, une enfance et une adolescence stressante augmentent le risque de survenue de cette pathologie. La maltraitance est par exemple un facteur de risque clairement identifié. L’adolescence est une période particulièrement importante et la consommation de drogues doit être évitée. Enfin, une bonne hygiène de vie à l’âge adulte diminue la probabilité de survenue d’épisodes dépressifs et maniaques.
 
Pour en revenir à votre question, les études épidémiologiques montrent qu’il n’existe qu’une faible augmentation du risque de développer cette maladie pour un enfant de parents avec un trouble bipolaire par rapport à un autre enfant dont les parents n’ont pas de problèmes psychiatriques.
 
Les parents souffrant de troubles psy ont tendance à trop s’inquiéter pour la future santé mentale de leurs enfants. Lorsque ces angoisses deviennent envahissantes, elles peuvent même avoir des répercussions négatives sur le bien-être des enfants. Il est donc important de pouvoir en parler avec son psychiatre.
 
Dans la plupart des cas, les enfants de parents avec une pathologie psychiatrique n’ont pas besoin de suivi psy. Comme pour tous les autres enfants, une famille aimante, des amis, une vie partagée de façon équilibrée entre l’école et des activités extra-scolaires sont les meilleurs garants de leur équilibre psychique futur.

2 commentaires:

  1. Bonjour,

    je tiens à témoigner de mon cas. En effet, ma grand mère que je n'ai pas connu s'est suicidée. Elle était maniaco dépressive.
    Quand à moi, je suis aussi atteint de ce trouble.

    Madame,

    je pense que vos inquiétudes ne sont pas vaines. En effet, il m'a fallu du temps pour être diagnostiqué. J'ai fait des tentatives de suicides et ai été traité avec différents traitements médicamenteux ne correspondant pas à ma pathologie et ce depuis l'âge de 13 ans.

    Par conséquent, je pense que c'est une bonne chose que vous sachiez à quoi vous attendre et que vous vous inquiétiez de la possible transmission de la bipolarité. J'aurai aimé que quelqu'un pense à cela au lieu que je perde du temps et me perde moi même dans des détours inutiles et souffres d'angoisses incompréhensibles, pensant quotidiennement à y mettre fin.

    Si votre fils avait la malchance d'être atteint, au moins vous saurez orienter son médecin vers cette piste. De plus vous saurez vous même ce qui serai bon pour lui et ne le perturberez pas outres mesures ayant vous même eu à subir ce mal dont nous seuls sommes à même de comprendre la teneur.
    Sur ces quelques mots, je tiens à ajouter que cela fait quelques temps que j'ai arrêté le traitement. Je sentais le manque de performance intellectuelle au travers de mes études et je commence à le regretter amèrement.
    Je déconseille donc au passage à tous d'arrêter le traitement sur une longue période car on finit malheureusement par être rattrapé (En quête de réconfort via le net, voici la raison de mon passage sur ce site que je trouve,du reste, fort utile).

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  2. Bonjour,
    La conclusion de votre article me touche. La garantie d'un équilibre est la famille aimante.
    Mais tous non pas reçu la puissance d'amour d'un regard, les yeux dans les yeux comme le suggère si puissamment,la peinture Donna Litta illustrant l'article.
    C'est là qu'est pour moi, le facteur soignant " D'Etre regardé "
    Cordialement
    Ale

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